L’hypoglycémie chez le sujet non diabétique

1-DÉFINITION

La valeur normale de la glycémie entre 0,60 et 0,90 g/L (3,3 à 5,0 mmol/L) à jeun (aprés 8h de jeun) et 1,20 à 1,30 g/L (6,7 à 7,2 mmol/L) après les repas (1h30-2h aprés repas).

Le diagnostic d’hypoglycémie repose sur la constatation simultanée de signes de neuroglucopénie et d’une glycémie basse, et sur la correction des symptômes par la prise de sucre (normalisation de la glycémie) : c’est la triade de Whipple.

 Dans cette définition, deux points méritent l’attention :

– les symptômes et la glycémie basse doivent être simultanés ;

– les symptômes spécifiques de neuroglucopénie doivent être différenciés de ceux, peu spécifiques et inconstants, de la réaction adrénergique qui accompagne l’hypoglycémie.

Le niveau seuil de glycémie habituellement retenu pour le diagnostic d’une hypoglycémie en dehors du diabète est de 0,50 g/L (2,8 mmol/L). Chez le diabétique, la valeur retenue est de 0,60 g/L (3,3 mmol/L).

 

2- DIAGNOSTIC POSITIF (Symptômes)

Les signes cliniques d’hypoglycémie sont variables et non spécifiques. Ils relèvent de deux mécanismes distincts

A-Signes liés à une réponse adrénergique de contre régulation
  • Sueurs,
  • Tremblements,

  • Tachycardie,
  • Sensation de faim impérieuse,
  • Pâleur,
  • Poussée tensionnelle.
B-Signes de souffrance cellulaire : Neuroglycopénie
  • Céphalées,
  • Troubles visuels,
  • Troubles de la vigilance,
  • Troubles du comportement (agitation, agressivité …).
  • A l’extrême, il peut s’agir de convulsions, perte de connaissance, coma.

Le diagnostic sera confirmé idéalement par la mesure de la glycémie au moment du malaise (ceci est difficile à réaliser en pratique). Un bon argument clinique de diagnostic est la disparition des symptômes après resucrage.

NB : un diagnostic différentiel peut se poser avec n’importe quel malaise ou perte de connaissance d’autre origine, notamment cardiaque ou neurologique, mais aussi avec une intoxication éthylique, des crises de tétanie, l’hystérie, des troubles psychiatriques…

3- DIAGNOSTIC ÉTIOLOGIQUE
A-Causes à éliminer lors de la première consultation

Avant d’envisager une épreuve de jeûne, les causes évidentes d’hypoglycémies doivent être éliminées lors de la première consultation à l’aide d’un interrogatoire, d’un examen clinique et d’un bilan biologique de base. Il faut ainsi éliminer :

  • un alcoolisme qui peut entraîner des hypoglycémies surtout lorsque l’alcoolisation est aiguë, massive et chez un patient à jeun.
  • l’insuffisance rénale ou hépatique sévère
  • l’insuffisance surrénalienne périphérique ou anté-hypophysaire. Elles peuvent entraîner des glycémies à la limite inférieures de la normale aux alentours de 0,50 ou 0,60 g/l. Des glycémies plus basses sont exceptionnelles lors de ces pathologies et sont alors toujours associées à des troubles hydroélectrolytiques dans le cadre d’une insuffisance surrénalienne décompensée.
B-Hypoglycémies fonctionnelles

 La réalité du diagnostic d’hypoglycémie fonctionnelle est très débattue aujourd’hui. Il s’agirait en effet non pas de vraies hypoglycémies mais de variations rapides de la glycémie en période postprandiale. Classiquement, ces hypoglycémies fonctionnelles surviennent en post prandial, de façon réactionnelle à une prise alimentaire riche en sucre, sans manifestations de neuroglucopénie. Elles se voient chez les intolérants au glucose, ainsi que dans les circonstances où le transit digestif est accéléré (gastrectomie), et chez les patients présentant une dystonie neurovégétative. Des mesures simples d’hygiène alimentaire avec éviction des glucides rapides et apports réguliers et suffisants de sucres lents doivent être proposées. Si ces règles hygiéno-diététiques ne permettent pas d’améliorer la symptomatologie, une épreuve de jeûne pourra alors être réalisée dans un second temps afin d’éliminer le diagnostic d’hypoglycémie organique.

C-Hypoglycémies induites
Médicamenteuses :

 Elles interviennent le plus souvent sur un terrain favorisant (sujet âgé, dénutrition, insuffisance rénale, sepsis, jeûne, …) :

  • bétabloquants
  • Antibiotiques : cotrimoxazole
  • antalgiques : AINS, Salicylés, Dextropropoxyphène)
  • antiarythmiques,
  • antidépresseurs.
Factices :

Par prise de sulfamides hypoglycémiants ou d’insuline.

D-Insulinome

 Il s’agit d’une tumeur hypoglycémiante avec prolifération de cellules pancréatiques ß.

  • L’incidence est de 1 cas/ 250 000 habitants, d’âge préférentiel entre 40 et 60 ans.
  • Les insulinomes sont, dans la grande majorité des cas, uniques (95 %), de localisation pancréatiques (98 %) et bénins (90 %).
E-Tumeurs extra-pancréatiques

Il s’agit le plus souvent de tumeurs mésenchymateuses intra-thoraciques ou rétro-péritonéales, souvent malignes, sécrétant de l’IGF2, avec insulinémie et C-Peptide bas.

F-Causes congénitales

Intolérance au galactose, au fructose, glycogénoses, responsables d’une réduction du débit glucosé hépatique.

4-TRAITEMENT

Les premiers soins lors d’une crise d’hypoglycémie consiste à un apport glucidique (aliments sucrées) et puis évacuation dans un établissement de santé pour une prise en charge adéquate.

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