Les maladies de surcharge

Les maladies de surcharge (ou thésaurismoses) sont caractérisées par l’accumulation intracellulaire de substance endogènes, secondaire à un déficit enzymatique.

1. Glycogénoses

Les glycogénoses sont en rapport avec un déficit héréditaire de l’une des enzymes impliquées dans la synthèse ou la dégradation du glycogène. Morphologiquement, le diagnostic repose sur la mise en évidence du glycogène dans les tissus biopsiés (foie muscle,…) par la technique du PAS avec et sans amylase, et par l’étude histoenzymologique de coupes congelées à la recherche de l’anomalie enzymatique. Il en
existe schématiquement trois formes:

A-Forme hépatique

Déficit en glucose-6-phosphatase, par exemple Le glycogène s’accumule dans les hépatocytes. La source de réserve de glucose n’est pas disponible. L’hépatomégalie domine le tableau, et s’accompagne d’hypoglycémie

B-Forme myopathique

Déficit en phosphorylase musculaire, par exemple. Le glycogène s’accumule dans les cellules musculaires striées, leur source énergétique n’est pas disponible et le patient présente des crampes à l’effort.


C-Forme multiviscérale

Déficit en maltase acide par exemple. Le glycogène s’accumule dans tous les organes, notamment dans le cœur, le cerveau, les muscles squelettiques et le foie.

2-Maladies de surchage d’origine lysosomiales

Les thésaurismoses lysosomiales sont induites par toute anomalie génétique mettant en jeu une protéine essentielle de la fonction lysosomiale normale (absence d’enzyme, d’activateur enzymatique, de protéine activatrice du substrat…). Un métabolite s’accumule alors, et la localisation de l’activité enzymatique normale explique la localisation de la surcharge et donc les manifestations cliniques. Ce trouble métabolique peut concerner le glycogène (glycogénose), les sphingolipides (gangliosidoses GM1 et GM2), les mucopolysaccarides (mucopolysaccharidoses I et II), et les mucolipides.
Le diagnostic repose sur la mise en évidence de la surcharge dans les tissus prélevés par biopsie (peau, muscle, rectum..) avec utilisation des colorations appropriées, avec une étude ultrastructurale, sur la mise en évidence de l’anomalie enzymatique par les techniques d’histoenzymologie, et il nécessite aussi une confirmation biochimique.

Les gangliosidoses sont liées à l’incapacité de cataboliser les gangliosides GM2.
On en reconnaît plusieurs types, selon le déficit enzymatique, dont les manifestations cliniques sont proches: maladie de Tay-Sachs (déficit en hexoaminidase alpha), maladie de Sandhof (déficit en hexoaminidase beta) par exemple. Morphologiquement l »atteinte prédomine dans les neurones des systèmes nerveux
central et autonome et de la rétine. Les neurones sont ballonisés par des vacuoles cytoplasmiques, chacune correspondant à un lysosome distendu rempli de
gangliosides. On peut les mettre en évidence par des colorations des graisses: Rouge à l’huile ou Noir Soudan.

La maladie de Gaucher est liée à un groupe de pathologies dues à des mutations du gène codant pour la glycocérébrosidase. C’est la plus fréquente des
thésaurismoses lysosomiales. Il en existe plusieurs types, et dans la forme habituelle les glucocérébrosides s’accumulent dans les phagocytes mononucléés,
Morphologiquement la surcharge est observée dans la rate (spénomégalie, jusqu’à 10 kg), le foie, les ganglions, la moelle osseuse, les amygdales, les plaques de Peyer de l’intestin grêle. Les cellules atteintes sont volumineuses (jusqu’à 100 microns), au cytoplasme clair, plutôt fibrillaire que vacuolaire. La coloration par le PAS est fortement positive. L’étude ultrastructurale montre des lysosomes étirés distendus avec des lipides qui s’accumulent sous forme d’empilement de lamelles superposées.

La maladie de Nieman-Pick est due à un déficit en sphingomyélinase. La sphingomyéline est un constituant ubiquitaire des membranes cellulaires et
l’accumulation progressive des lipides non dégradées est particulièrement visible dans le système des phagocytes mononucléés.
Morphologiquement les cellules phagocytaires, volumineuses, remplies de petites vacuoles lipidiques s’accumulent dans la rate (spénomégalie), le foie, les ganglions, la moelle osseuse, les amygdales, le tube digestif…La surcharge lipidique peut être mise en évidence par les colorations des graisses: Rouge à Huile ou Noir Soudan, et l’étude ultrastructurale permet de visualiser les lysosomes engorgés avec des figures myéliniques et autres inclusions, très évocatrices du diagnostic.

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