Retard De Croissance Pondérale Et Malnutrition

L’hypotrophie du nourrisson ou de l’enfant survient le plus souvent lors ce que les besoins alimentaires quantitatifs/et ou qualitatifs ne sont pas assurés.
Selon l’importance du déficit pondéral on distingue trois stades :
– 1er stade : poids situé entre 75 à 90 % du poids moyen de l’âge ;
– 2e stade : poids situé entre 60 à 75 % du poids moyen de l’âge ;
– 3e stade : poids inférieur à 60 % du poids moyen de l’âge ;
L’importance du retard statural associé édifie sur le caractère aigu ou chronique de la mal nutrition.
L’hypotrophie est confirmé sur :
– Un poids inférieur à 2 DS (déviation standard) et/ou une cassure de la courbe pondérale (à différencier d’une perte de poids récente)
– Associé à des signes de dénutrition :
• amyotrophie
• diminution du pannicule adipeux (à différencier du pli cutané de déshydratation). Le pannicule adipeux est une couche adipeuse constituée de nombreuses petites cellules (lobules) située sous l’épiderme ayant une fonction isolante et de réserve énergétique.
• pâleur
• Cheveu fin sec et ongles cassants)
• retentissement sur le développement psychomoteur et intellectuel.
En fonction de l’importance de l’hypotrophie, il peut s’agir d’une hypotrophie simple, d’un marasme, d’un kwashiorkor.
A-Hypotrophie simple :
1- Clinique :
– signe de malnutrition modérée.
– poids rarement inferieur à – 3 DS
2- Biologie :
– Anémie hypochrome (diminution du taux d’hémoglobine dans les globules rouges).
– Hypo-albuminémie
– Déminéralisation du tibia (rapport corticodiaphysaire ‹ 0,5)
3- Les principales causes :
Un interrogatoire précis, un examen physique et une analyse de la courbe pondérale permettent l’orientation étiologique.
– Carence d’apport :
• régime mal adapté
• anorexie
• carence affective maternelle
– Perte excessive :
• vomissements prolongés
• diarrhée chronique : intolérance au gluten, intolérance aux protéines du lait de vache, erreur diététique, parasitose
• polyuries
– Affections chroniques :
• infection O.R.L
• broncho-pulmonaire
• néphropathies
• uropathies
• cardiopathies
• hépatopathies
• maladies métaboliques
– Parfois hypotrophie constitutionnelle
B- Marasme :
Le marasme est une très grande maigreur résultant d’une dénutrition sévère c’est-à-dire un apport très largement insuffisant de nutriments ou dans le cadre de l’évolution d’une longue maladie.

1-Clinique :
– Perte importante de poids et retard statural.
– Disparition du tissu adipeux sous-cutané (aspect ridé du visage, replis flasques sur les membres, côtes saillantes, paroi abdominale mince) avec hypothermie et fonte musculaire.
– Chez un nourrisson malheureux, apathique.
2- Biologie :
Absence presque complète de perturbations biologiques.
3- Causes :
Le marasme résulte d’un déficit énergétique prolongé.
– Sous-alimentation
– Infections sévères prolongées
– Malformations congénitales
– Mucoviscidose
– Atteintes tubulaires rénales.
– Tumeur hypothalamique
4- Évolution :
L’évolution est grave, en particulier lors d’une infection intercurrente.
C- Kwashiorkor : (malnutrition protéique)
Le kwashiorkor est un syndrome de malnutrition protéino-énergétique sévère de la première enfance. Le terme, qui signifie enfant (kwashi) rouge (orkor) dans la langue des Ashanti du Ghana, fait référence à la rougeur de la peau des enfants qui en sont touchés.

1- Clinique :

Le Kwashiorkor survient entre 6 mois et 3 ans.
Déclenché par le sevrage.
Précipité par des infection intercurrentes, digestives ou générales (Rougeole en pays africain), une parasitose grave marquée par :
– Une diarrhée liquide,
– Une anorexie,
– Des vomissements
A l’examen
– L’enfant est triste et hostile ;
– Présence d’œdèmes déclive plus ou moins étendus, masquant la fonte musculaire et en partie la perte de poids ;
– Hépatomégalie (stéatose) ;
– Les téguments sont le siège de placards hyperpigmentés noirs apparaissant dans les zones non exposées au soleil puis desquamant mettant en à nu des plages roses. L’alternance de zones pigmentées et non pigmentées, parfois surinfectées ou purpuriques sur fond d’œdèmes luisant, et très caractéristique. Les orifices naturels sont souvent le siège de fissures, les cheveux palissent en un blond rougeâtre, deviennent fins et cassent ;
– Le retard statural est peu important.
2- Biologie :
– Protidémie et surtout albuminémie abaissées,
– Acides aminés essentiels et urée sanguine perturbés,
– Glycémie abaissée,
– Cholestérolémie basse,
– Phosphatases alcaline basses,
– Hypochloronatremie et surtout déplétion en potassium,
– Anémie multifactorielle microcytaire, normocytaire voire macrocytaire,
– Immunité cellulaire (lymphocyte) perturbée,
– On note par ailleurs une atrophie des muqueuses gastriques et du grêle, un déficit du pancréas exocrine.
3- Causes :
Le kwashiorkor résulte d’une insuffisance d’apport protidique isolée ou prédominante à la quelle s’associe d’autre carences (vitamines, oligo-éléments). C’est un problème nutritionnel majeur en milieu tropical ou subtropical, où le sevrage, souvent brutal, est suivi d’une alimentation pauvre en protéines animales.
Un tableau voisin peut être réaliser lors de la prescription abusive d’un régime prolongé sans lait (intolérance au lait, eczéma…) dépourvu de compléments protidiques.
4- Evolution :
Elle est rapidement grave.
La malnutrition protéino-énergétique entraine une atrophie de la muqueuse digestive à l’origine d’une malabsorption qui aggrave le tableau et complique le traitement.
L’enfant dextrement fragile meurt souvent à l’occasion d’une complication infectieuse.
D-Formes mixtes :
Les plus fréquentes sont souvent observés essentiellement au cours d’affections digestives ou extra-digestives sévères et prolongées ou de perfusion prolongée mal équilibrée.
D- Remarques :
Marasme vs kwashiorkor

PLMC Ahmed AJBILI.

E- Principales mesures thérapeutiques :
– En cas de marasme : augmentation progressive de la ration calorique du nourrisson.
– En cas de kwashiorkor : placer l’enfant en milieu hospitalier.
⦁ Initialement maintenir la glycémie, assurer l’hémodynamique, compenser les pertes hydroélectrolytiques digestives, antibiothérapie en cas d’infection.
⦁ Lors de la première semaine : corriger l’inflation hydrosodée, compenser la dépression potassique, compenser l’apport protéique et énergétique par voie entérale continue (ou par voie parentérale dans les formes sévères).
⦁ les deux semaines suivantes : alimentation fractionnée.
Le traitement est en fait essentiellement préventif, basé sur l’élévation du niveau socio-économique, développement des structures sanitaires et éducatives, l’encouragement de l’allaitement maternel et dans les pays sous-développés, au décours du sevrage la distribution de protéines de haute valeur biologique.