Les Facteurs de Risques Cardiovasculaires

INTRODUCTION :
Un facteur de risque cardiovasculaire peut être défini comme toute situation clinique ou biologique dont la présence augmente l’incidence de la morbi-mortalité cardiovasculaire.
On peut les classer en facteurs de risque modifiables et en facteurs de risque non modifiables qui au terme permettent d’identifier trois (3) niveaux de risque.


I. FACTEURS DE RISQUE NON MODIFIABLES :
I.1 Âge :
C’est un facteur de risque continu qui accroît progressivement l’incidence des complications de l’athérome aortique, coronaire puis carotidien et l’insuffisance cardiaque. Ce risque devient significatif à partir de 45 ans chez l’homme et 55 ans chez la femme.
I.2 Sexe masculin :
Avant 70 ans, deux tiers des infarctus surviennent chez l’homme. Cette différence diminue chez la femme après la ménopause et disparaît après 75 ans. L’influence des œstrogènes naturels explique la plus faible incidence des complications de l’athérome chez la femme que chez l’homme.
I.3 Hérédité :
Les antécédents familiaux cardiovasculaires, coronaires, d’Accident Vasculaire Cérébral avant 55 ans pour le père ou avant 65 ans pour la mère.

ll. FACTEURS DE RISQUE MODIFIABLES:
II.1 Tabagisme ( actif ou arrêté depuis moins de 3 ans)
Il accroît les lésions athéromateuses, par altération de la fonction endothéliale, avec perturbation de la vasomotricité, activation de l’agrégation plaquettaire et baisse du High Density Lipoprotein (lipoprotéine de haute densité)-cholestérol. Il est athérogène et prothrombotique.
Le risque est proportionnel à l’exposition au tabac évaluée en paquets-années.
II.2 Hypertension artérielle :
Elle se définit par des valeurs de pression > 140 mmHg pour la systolique ou > 90 mmHg pour la diastolique.
Tous les types d’Hypertension Artérielle sont des facteurs de risque : HTA permanente, paroxystique, traitée ou non.
Avant 55 ans, ce risque est corrélé autant aux valeurs de pressions systoliques que diastoliques. Après 60 ans, la corrélation est plus forte avec la pression pulsée (PAS – PAD), donc surtout la pression systolique chez les personnes plus âgées.
II.3 Dyslipidémies :
Parmi les anomalies des lipides circulants, le principal facteur de risque des maladies cardiovasculaires est l’élévation du Low Density Lipoprotein cholestérol (mauvais cholestérol), LDL-c > 1,60 g/L (4,1 mmol/L).
Le LDL-c est corrélé positivement au risque de maladie cardiovasculaire, alors que le HDL-c a une corrélation négative, s’il est > 0,40 g/L (1 mmol/L).
L’élévation seule des triglycérides (> 2,0 g/L) n’est pas un facteur de risque (indépendant), mais peut le devenir lors d’association avec d’autres éléments.
Le LDL-c a un rôle direct sur l’accroissement des plaques d’athérome et sur leur rupture par instabilité.
II.4 Diabète :
Le diabète est défini par une glycémie à jeun > 1,26 g/L (7 mmol/L) ou une glycémie au hasard > 2 g/L (11 mmol/L) associée aux signes cardinaux (polyurie, polidipsie, polyphagie et amaigrissment). Ces résultats doivent être confirmer par un 2e dosage.
Les diabètes I ou II sont tous associés à une augmentation du risque cardiovasculaire. Les complications cardiovasculaires sont plus précoces à partir de 30 ans, pour le diabète I, mais l’incidence galopante du diabète II en fait un facteur de risque très préoccupant.
II.5 Insuffisance rénale
L’insuffisance rénale chronique est associée à une forte incidence des complications cardiovasculaires, comparable à la gravité du diabète sur le système cardiovasculaire.
II.6 Autres facteurs de risque
Ils sont nombreux mais leur responsabilité causale directe est moindre ou ils agissent par aggravation des facteurs de risque principaux.
● Sédentarité: C’est un facteur de risque indépendant, mais surtout aggravant d’autres facteurs de risque très souvent associés: HTA, diabète, dyslipidémies et surpoids.
● Obésité
● Indice de Masse Corporelle ou indice de Quetelet: Les résultats doivent être appréciés selon les normes suivantes:

INDICE DE MASSE CORPORELLE
Maigreur < 18,5 kg/m²
Poids normal ≥ 18,5Kg/m² et ≤ 24,9 Kg/m²
Surpoids ou embonpoint ≥ 25,0 et ≤ 29,9Kg/m²
Obésité classe 1(légère) ≥ 25,0 et ≤ 29,9Kg/m²
Obésité classe 2(modérée) ≥ 35,0 et ≤ 39,9Kg/m²

le risque cardiovasculaire est corrélé avec cet IMC, d’autant plus si l’obésité est androïde, par prépondérance de graisses intra-abdominales;
● Syndrome métabolique: Il est lié à l’insulino-résistance qui expose à un double risque, des complications cardiovasculaires fréquentes et un taux élevé d’apparition du diabète. Ce syndrome métabolique se définit par la présence de trois des cinq éléments suivants :
    – obésité abdominale: tour de taille > 102 cm (homme) ou > 88 cm (femme) ;
    – HDL-cholestérol : < 0,40 g/L (1 mmol/L) chez l’homme et < 0,50 g/L (1,3 mmol/L) chez la femme ;
    – triglycérides > 1,5 g/L (1,7 mmol/L) ;
    – pression artérielle > 130/85 mmHg ;
    – glycémie à jeun > 1,10 g/L (6,1 mmol/L).


III. EVALUATION DU RISQUE CARDIOVASCULAIRE GLOBAL
L’estimation rapide du risque cardiovasculaire global se fait par le nombre de facteurs de risque, car le risque de complications cardiovasculaires dépend plus du nombre de facteurs de risque présents que de l’intensité de chacun.
Le risque global n’est pas l’addition de chacun des risques relatifs, mais leur multiplication.
Au minimum, le nombre de facteurs de risque cardiovasculaire doit être connu pour chaque patient. Cette énumération des principaux facteurs de risque est un élément du risque global et intervient dans la prise en charge.
À partir du niveau de chaque facteur de risque relatif, des échelles de score calculent le risque cardiovasculaire global (la probabilité d’apparition d’un symptôme ou d’une
complication cardiovasculaire) ; ainsi, l’échelle de morbi-mortalité de Framingham est la plus diffusée.
Trois niveaux de FDR
• Risque faible : si aucun autre facteur de risque n’est associé à la dyslipidémie
• Risque intermédiaire : si au moins un FDR est associé à la dyslipidémie
• Haut risque : Prévention secondaire ou risque équivalent


IV. PREVENTION

L’objectif est, pour chacun, de supprimer ou de diminuer le plus possible ses facteurs de risque modifiables.
Cela comprend la suppression du tabac, le respect des mesures hygiéno-diététiques et la pratique d’une activité physique régulière.
Des médicaments peuvent être également prescrits en respectant les recommandations selon :
● le résultat de ces premières mesures ;
● le nombre de facteurs de risque ;
● le calcul du risque absolu ;
● la présence d’antécédents cardiovasculaires.
Un accompagnement est primordial pour favoriser l’adhésion à ce programme personnalisé que le patient doit bien comprendre, accepter et suivre (éducation thérapeutique).